Bien choisir ses associés quand on est avocat est un exercice délicat, quelle que soit la situation !

Il y a l’avocat qui est déjà associé au sein d’une structure et qui cherche de nouveaux associés car il souhaite tout simplement “changer de crèmerie” pour mieux développer sa pratique.

Il y a l’avocat collaborateur senior qui souhaite passer le cap de l’association et qui cherche des associés qui sauront l’accueillir et le faire grandir.

Il y a l’avocat qui exerce à son compte depuis un certain nombre d’années et qui cherche des associés pour bénéficier d’un « collectif ».

Le choix des associés est, dans tous les cas, source d’appréhension.

La « peur de se tromper » explique d’ailleurs, en pratique, la longueur du processus décisionnel. Il arrive même parfois que la décision de changer d’associés ou de se regrouper avec telle ou telle personne ne soit finalement jamais prise.

Pour minimiser le risque inhérent à l’association, il est intéressant de se plier à un exercice préalable d’analyse de sa situation personnelle, de son positionnement sur le marché, de ses besoins en termes de synergies, de ses valeurs professionnelles et de ses objectifs financiers. Une fois ceci fait, on peut se mettre à la recherche de la perle rare.

Voici les principaux points à valider pour s’assurer que la personne que vous avez en face de vous est le “bon associé”, celui avec lequel vous aurez envie de plus qu’un simple partage de bureau et d’une mutualisation des coûts.

1. Le dépassement d’une de vos limites professionnelles

Quelles sont vos principales limites professionnelles ? Il s’agit d’identifier celles qui freinent actuellement le développement de votre pratique, la performance financière de votre activité ou encore votre épanouissement au travail.  Est-ce la structure de votre d’équipe ? Vos compétences ? Votre portefeuille clients ? Vos aptitudes à la gestion d’un cabinet ?

Le bon associé est celui qui sera en mesure de vous faire dépasser ces limites et ce de façon suffisamment significative pour que vous preniez le risque de l’association. Mais attention, il conviendra de s’assurer d’une réciprocité pour parvenir à un véritable équilibre : quelles limites professionnelles lui permettez-vous de franchir ? Avec quel niveau d’engagement ?

Il faudra savoir se questionner, à différents moments de l’association, sur les besoins (mis à jour !) de chaque associé et la réponse apportée à ces besoins, et ce, pour s’assurer qu’aucune frustration ne naisse au fil de l’eau.

2. Le partage des mêmes valeurs et des comportements qui en découlent

Partager des valeurs communes c’est beau. Etre d’accord sur les comportements qui en découlent c’est mieux ! En effet, chacun à sa propre interprétation de la valeur « travail » ou de « l’engagement » (par exemple). Il s’agit donc de se mettre d’accord sur ce que veulent vraiment dire ces mots et sur les implications concrètes des « valeurs » sur la façon dont les associés, les collaborateurs et les salariés doivent se comporter entre eux et vis-à-vis des autres ; sur les comportements des clients vis-à-vis des avocats du cabinet. Qu’est-on prêt à accepter ? A quel moment la limite est-elle atteinte ?

Vérifier la concordance entre les valeurs et les comportements vous évitera de tomber sur quelqu’un qui revendique haut et fort la valeur « travail » mais qui, en pratique, préfère largement faire travailler les autres !

Savoir bien déléguer, c’est essentiel, mais c’est autre chose.

3. Avoir confiance et être fier(ère)

Ce que le professionnel en face de vous « est », à titre personnel et professionnel, doit vous plaire ! Vous devez avoir envie de lui confier vos clients fétiches (cross selling) car vous savez qu’il les traitera bien (et surtout qu’il ne vous ne les piquera pas !). Rien de pire qu’un associé que vous n’estimez pas professionnellement.

Autrement dit, l’associé que vous trouvez sympa, commercial, drôle mais pas très bon (ou l’inverse) n’est probablement pas le bon associé !

Là encore, tout est une question de personne et de point d’équilibre.

4. Etre en ligne sur les sujets financiers et les règles de prise de décisions au cabinet

Le niveau des objectifs financiers, le système de rémunération des associés et de capitalisation (le cas échéant), la répartition des charges du cabinet, le niveau de rentabilité attendu des collaborateurs, le système de recrutement, le positionnement commercial général, le traitement des conflits d’intérêts … autant de sujets qu’il est préférable d’aborder et de trancher en amont pour vivre sereinement son association. Il faut, là aussi, pouvoir remettre l’ensemble de ces sujets sur la table tout au long de l’association. Un associé qui ne serait pas enclin à les rediscuter vous renverra probablement aux sujets des valeurs et des comportements évoqués au point 2 ci-dessus !

So ?

S’associer quand on est avocat comporte une part de risque. Pour la minimiser, il convient d’identifier ce que pourrait être votre plus grand point de frustration : Est-ce le chiffre d’affaires généré par l’autre ? Son niveau d’engagement dans le cabinet ? Sa réputation sur le marché ? Chaque professionnel est différent. WHITE PEACOCK accompagne les avocats dans l’élaboration de leur « projet cabinet » et leur recherche d’associés grâce à un programme spécifiquement dédié à ces problématiques.